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ROMA à TROIS RIVIÈRES ÎPÉ Archéologie |
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L’archéologie de l’établissement de Roma à Trois Rivières Rédigé par Scott Buchanan, archéologue, pour la Three Rivers Roma Inc. , le 2 septembre 2004
Les fouilles archéologiques réalisées de 1968 à 1970 par Parcs Canada ont mis au jour toutes sortes d’informations sur l’établissement de Roma, sur ses activités commerciales et sur les liens commerciaux qu’il entretenait avec l’étranger. Malgré le saccage de la colonie en 1745, les ravages de l’érosion et une occupation plus tardive du site, il en subsiste quelques traces, quoique à peine visibles. Ces vestiges représentent un bon point de départ pour découvrir toute l’importance de ce lieu. |
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La courte existence de l’établissement de Roma coïncide avec une période de colonisation à l’île Saint Jean et avec les événements qui ont mené à la chute de la forteresse de Louisbourg au profit de la Nouvelle Angleterre, dont les forces étaient commandées par la Grande Bretagne. Les artefacts exhumés des sites du XVIIIe siècle se présentent généralement sous forme de petits fragments qui, bien souvent, ne donnent qu’une vague idée de l’objet dont ils sont issus. Bon nombre de tessons de verre, de terre cuite et de porcelaine trouvés à l’établissement de Roma ont été recollés de manière à donner une indication claire de la dimension, de la forme et de la nature de l’artefact original. Ces vestiges offrent un rare aperçu de l’envergure de l’entreprise de Roma. Comme la période d’occupation a été relativement courte à Trois Rivières, cette collection peut servir à dater d’autres sites sur lesquels il n’existe à peu près aucune documentation et à retracer les liens commerciaux qui existaient avec d’autres colonies françaises et acadiennes de l’île. Cette intéressante collection enrichit la documentation sur le patrimoine de notre île. |
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L’information recueillie de 1968 à 1970 saurait combler même le plus exigeant des archéologues. Elle fournit des indications précieuses sur la vie quotidienne et les activités commerciales de cette colonie de l’Est de l’île SaintJean pendant une période de 13 ans, soit de 1732 à 1745. |
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À bien des égards, les artefacts issus de sites relativement intacts ne sont que le point de départ du travail d’interprétation et de reconstitution de l’histoire d’un lieu. La collection d’artefacts du site de Roma est unique en son genre, en raison de la nature et de la raison d’être de la colonie. C’est pourquoi elle a été ajoutée à une collection de référence nationale. Comme ils bénéficiaient d’un accès direct aux réseaux d’approvisionnement et aux marchés de Louisbourg, de Québec, du reste de l’Acadie, de la France et des Antilles, les magasins de Roma étaient garnis, outre de provisions nécessaires au commerce et à la vie quotidienne, de marchandises et de légumes issus de diverses contrées. Du verre européen, de la vaisselle et des récipients en grès de l’Europe du Nord, un service de table en porcelaine fine élégamment décorée de Chine, des faïences ornées et de la poterie vernissée de France – ces quelques articles faisaient partie de la large collection de produits domestiques importés par Roma dans l’exercice de ses activités commerciales. Les marchés des ports de pêche, des hameaux côtiers et des villages agricoles de l’Est de l’île SaintJean achetaient régulièrement chez Roma des articles de la vie quotidienne qu’ils ne pouvaient pas se procurer localement. Dans une colonie où les pièces d’argent étaient encore relativement rares, le poisson et les produits de la ferme en demande ailleurs en Nouvelle‑France, en Europe et dans les Antilles servaient souvent de monnaie d’échange. Loin d’être un établissement isolé, Trois Rivières entretenait des liens économiques cruciaux avec les lointains marchés de la France à une étape importante de l’histoire de la colonisation de l’île par les Européens. |
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